portrait

La Maladie et le sport

Il y a tout juste 1 an, Fabien sortait d’un mois et demi d’hospitalisation en chambre stérile. Le 12 octobre 2016 il faisait une prise de sang prescrite après des semaines de fatigue. A 14h notre médecin traitant arrivait à la maison.

Sans plus d’explication il nous dit que nous devons nous rendre au CH de Dunkerque en hématologie. On prépare les affaires, Fabien fait une caresse à Mambo.

A ce moment-là on ne savait pas qu’il ne remettrait plus les pieds à la maison avant 6 semaines.

Arrivé sur place tout s’enchaine, il rentre en chambre stérile, on nous montre, à moi et à mon père, comment nous habiller avec la tenue stérile (blouse, sur-chaussure, masque et charlotte). Puis le médecin entre dans la chambre, et l’annonce de la maladie ; une leucémie aigüe lymphoblastique. Le monde s’écroule autours de nous. Le reste de l’après-midi restera flou. On nous parle de biopsie osseuse, de chimiothérapie, de ponction lombaire, d’aplasie… On appelle le reste de la famille pour leur apprendre l’horrible nouvelle.

14619884_10211201096288339_1339138506_n             14696817_10211183176040344_1779786091_n.jpg

Après avoir repris ses esprits, Fabien a posé une seule et unique question au médecin : Est-ce que je pourrais recourir ?

Depuis tout jeune, il baigne dans le sport, l’athlétisme d’abord, puis le cyclisme et enfin la course à pied.

14813643_10210929533137062_1152418921_n
Quelques semaine avant il a réalisé son 1er podium sur 10 km

Il a toujours été un modèle de force et de détermination pour moi. Et c’est avec cette mentalité qu’il a affronté sa maladie. Les jours, les semaines, ont semblés durer une éternité à nos yeux. Nous deux qui sommes si fusionnel.  Nous n’avions le droit à aucun contact physique. Et il y a eu tous les effets secondaires qu’on connait à la chimiothérapie. Les nausées, les maux de têtes, la perte des cheveux et la perte de poids.

20161113_114813

Le 22 novembre 2016 il finissait la 1ère partie de son protocole de soin, enfin en rémission.

Il est revenu à la maison avec 10 kilos en moins. Il a dû accepter le fait d’être faible, et ça s’a n’a pas été facile pour lui. Et nos moments de répit à deux étaient toujours entrecoupés d’hospitalisations pour continuer le protocole de soins.  Le parcours était encore semé d’embuches. Entre le régime strict à la suite de l’aplasie, les infections diverses, la peur qu’il retombe malade, et en février un AVC qui l’a paralysé pendant 24H…

Lors de sa deuxième hospitalisation d’un mois (prévue par le protocole). Je me suis dit que je ne pouvais pas rester comme la première fois à déprimer dans mon coin. Alors avec mambo on a enfilé nos baskets, notre harnais de canicross et on s’est lancés. Avant je détesté courir, et c’est Fabien qui m’a donné la force et la passion de m’y mettre. Et je voyais mon petit Mambo, avec son énergie débordante tourner en rond dans la maison. On ne pouvait clairement pas rester comme ça tous les deux. C’est devenu une véritable thérapie.

m

Puis petit à petit les chimio se sont espacées, les doses étaient de moins en moins fortes. On s’est mariés, ses cheveux ont repoussé, il a repris du poids et de la force. Enfin il a eu le feu vert des médecins pour reprendre le sport.

Les débuts ont été difficile, il a d’abord fait un peu de vélo d’appartement, puis il marchait. Ensuite il ajoutait quelques foulées de course à ses marches jusqu’à recourir 2 km, 3 km, 5 km…

On a pris plaisir à courir ensemble, tous les trois, en famille. Au fur et à mesure, la course à pied lui a permis de reprendre confiance en lui, à se réapproprier son corps, à reprendre le dessus et à prendre sa revanche sur la maladie.

En septembre il a recouru son premier 10 km en 55’27 soit moins d’un an après l’annonce de sa maladie

Le sport, la liberté, et la sensation de bien-être que sa procure à toujours été sa béquille dans les moments difficile de la maladie. D’une manière ou d’une autre il a toujours réussi à garder une proximité avec la discipline.

Le chemin à parcourir est encore long, il est encore sous traitement. Et depuis le 12 octobre 2016 nous vivons en apnée. Chaque prise de sang, chaque symptôme inquiétant nous replonge dans cette terreur et cette spirale infernale. Aujourd’hui on essaie de vivre normalement, mais croyez-nous, on en est loin.

Nos seuls moments d’évasion c’est ceux ou on prépare nos baskets, on prend notre Mambo et on part courir à 3. Là pendant 1 heure on ne pense plus à rien. On court, et on se regarde en souriant bêtement comme deux gamins.

20624535_10214247917136956_446881205_n

Pourquoi je vous en parle ? Il y a peu de temps, Fabien m’a fait part de son souhait de pouvoir témoigner de son expérience. Parce que lui quand il a appris la nouvelle, une des première chose qu’il a fait une fois seul dans sa chambre, c’est essayer de se rassurer en trouvant des témoignages sur le net. Ça l’a beaucoup aidé et il voulait partager lui aussi cette épreuve. Quand nous avons su sa maladie, une vague de solidarité exceptionnelle s’est mobilisé autours de nous. Et à notre tour nous souhaitons aider les gens dans cette situation. Donc si ce témoignage a pu redonner un peu d’espérance à quelqu’un c’est toujours ça de gagner dans cette merde de maladie. 

Pour aller plus loin : 

L’association Laurette Fugain
Les Emplaqués

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s